Ni la voir, ni l'entendre

Publié le par Daniel CLOAREC


Le Parisien – Seine-Saint-Denis du 29 novembre 2004


Le projet de A103 ressort des cartons

C'EST UN PROJET vieux de quarante ans qui vient d'être remis au goût du jour grâce à une étude décidée par la Direction régionale de l'équipement (DRE).

Relancée en 2003 par le ministre des Transports Gilles de Robien, l'autoroute A 103 - projet de liaison entre la ville nouvelle de Marne-la-Vallée et le coeur de la Seine-Saint-Denis - fait partie des différents scénarios envisagés par la DRE pour désengorger les autoroutes A 86 et A 4 ainsi que l'incompressible bouchon du pont de Nogent.

Après cette première mouture, l'étude s'affinera en 2005 et calculera les coûts et les nuisances éventuelles de ces différents projets.

Une autoroute partiellement enterrée. Villemomble, reliée depuis 1969 au tronçon A 3/A 86 par un petit bout de A 103 inachevé, verrait cet axe prolongé jusqu'à la A 4 à Noisy-le-Grand. Cinq échangeurs permettraient des liaisons avec les N 302, 370, 34, la D 10 et la A 199.

Une autoroute souterraine. Sur un tracé identique au scénario précédent, l'autoroute parcourrait une dizaine de kilomètres sous terre.

Cette option, dont le coût faramineux n'a pas encore été établi, limite les points d'échange avec la surface. Du coup, seules trois connexions, avec les N 302 et 34 et avec la A 4, seraient aménagées.

Un développement des transports en commun. Utiliser la grande ceinture, actuellement affectée au transport de fret, pour relier Noisy-le-Sec aux Boullereaux-Champigny ; mettre à profit les emprises actuelles de la A 103 pour y installer un système de transports en commun ; ou encore panacher cette dernière option avec une desserte de Clichy-Montfermeil, telles sont les différentes pistes.

Densifier le maillage routier existant. Au niveau local, un maillage de rues et d'avenues pourrait être créé pour constituer un itinéraire complémentaire.

Du côté des riverains, notamment à Noisy-le-Grand, la variété des pistes envisagées ne rassure guère. Même si la plupart des élus locaux se sont prononcés contre la A 103, la résurgence du projet est plutôt mal vécue.

« L'autoroute, nous ne voulons ni la voir ni l'entendre », martèle Daniel Cloarec, responsable de l'Association intercommunale pour la protection de l'environnement (Aiper).

« Nous nous sommes battus pour sauver le site de la Haute-Ile qui va devenir un parc protégé. Nous ne voulons pas qu'une autoroute ou même un boulevard urbain le traverse », tempête-t-il.

Marjorie Corcier
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Publié dans Revue de Presse

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