Pénurie de logements.
Pénurie de logements
Gilles de Robien restitue des terres à Drancy pour construire de nouveaux logements
Quelques jours avant la venue du Maire de Paris, à Pantin, c’est l’Etat en la personne de Gilles de Robien, Ministre l'Équipement, des Transports, de l'Aménagement du Territoire, du Tourisme et de la Mer qui s’est rendu en Seine-Saint-Denis et plus précisément à Drancy pour restituer à la Ville des terres dont il n’avait plus besoin. En fait de terres, il s’agit plutôt de terrains à vocation industrielle appartenant à la SNCF et à RFF. 15 000 m² pour être précis qui se trouve en limite des voies ferrées, à l'angle des rues Alsace-Lorraine et Gateau-Lamblin et qui vont permettre, en retournant dans le giron de la Ville, d’accueillir et de regrouper les services techniques municipaux de Drancy jusqu’à présent disséminés en quatre endroits. Sur ces espaces libérés, la ville prévoit de construire de nouveaux logements sociaux dans le cadre de son programme de renouvellement urbain.
Cette ‘’restitution de terres’’ fait suite aux conclusions du rapport Pommellet qui identifiait 3 millions de m² de terrains appartenant au ministère de l’Equipement et susceptibles d’être remis sur le marché pour faciliter des opérations de construction de logements. On ne cesse de le répéter, les besoins de nouveaux logements en Ile-de-France sont énormes. Pour répondre aux demandes, il faudrait construire près de 50 000 nouveaux logements par an. Or, après des efforts démesurés, l’Ile-de-France a du mal à atteindre les 35 000 nouveaux logements par an… L’une des raisons de cette pénurie de logements est la rareté du foncier et son coût parfois prohibitif. C’est pourquoi, l’Etat s’est engagé dans un premier temps à recenser les terrains dont il n’a plus l’utilité et qu’il pourrait remettre sur le marché puis dans un second temps à négocier avec les collectivités locales pour envisager les modalités d’un transfert de propriété de ces millions de m² laissés le plus souvent à l’abandon.
Afin de montrer l’exemple –selon les propres termes de Gilles de Robien à Drancy- l’Etat a décidé de créer la délégation à l'action foncière. Dirigée depuis le début de l’année 2004 par Dominique Figeat (délégué à l’action foncière) et Aude Debreil (déléguée adjointe), la Délégation a préparé des conventions avec les principaux détenteurs d’un patrimoine foncier important pour contractualiser leurs objectifs de mobilisation et de cession foncière. Si Drancy inaugure ce dispositif, le Ministre de l’Equipement a annoncé que son « prochain rendez-vous sera l'occasion d'aller voir les terrains mobilisables le long de la ligne B du RER avec notamment Massy et Palaiseau mais aussi Saint-Denis et bien d'autres communes. »
9 millions de m² mobilisables !
Selon les chiffres fournis par le Gouvernement, les propriétés du ministère de l'Equipement et de ses établissements publics situés en dehors des deux villes nouvelles et mobilisables dans les 10 ans à venir représentent 900 hectares, c'est à dire 9 millions de m². Cela pourrait représenter en considérant que la moitié de ces terrains accueilleront des logements, la réalisation d'environ 40 000 logements (ce qui pourrait permettre à 100 000 personnes de se loger !) explique le Ministre : « Il s'agit là des seuls terrains que notre nouvelle démarche permettra de mobiliser dans les dix ans à venir. Si maintenant on y ajoute les 2 500 logements réalisés annuellement sur les terrains que l'État a acquis dans les 2 villes nouvelles d'Ile-de-France (Marne et Sénart) et qui sont aménagés par les EPA, la mobilisation des terrains de l'équipement représentera 65 000 logements c'est à dire deux ans de production au rythme actuel et surtout seize mois de besoin de construction de nouveaux logements en Ile-de-France. » D'ici 2007 –poursuit Gilles de Robien- « j'ai fixé comme objectif à la délégation à l'action foncière la mobilisation de 130 hectares, 1 300 000 m² qui permettront de réaliser environ 5 000 logements. Ensuite, les discussions avec les propriétaires. »
Les établissements publics du Ministère de l’Equipement que sont l'agence foncière et technique de la région parisienne (5,820 millions de m²), RFF et la SNCF (2,6 millions de m²), la RATP (220 000 m²) et le STIF ont d’ores et déjà signé une convention qui définit les terrains que ces établissements s'engagent à libérer pour qu'il puisse être ouvert à l'urbanisation. 8 650 000 m² pourraient ainsi être urbanisables dans les dix ans à venir, soit plus de 90% des terrains du ministère mobilisables. Le solde précise-t-on dans l’entourage du Ministre est essentiellement composé de terrains acquis par le passé pour réaliser des routes dont le projet a été définitivement abandonné (650 000 m²).
A Drancy, la Ville qui s’est engagée dans l’élaboration d’un important projet de renouvellement urbain éligible au financement de l’ANRU recherchait des disponibilités foncières pour reconstituer l’offre de logements et étudiait à cet effet la libération de terrains situés en centre-ville et actuellement occupés par des services techniques municipaux. Dans cette perspective, la ville a souhaité acquérir les terrains ferroviaires occupés par une ancienne casse automobile afin d’y transférer les services techniques municipaux concernés et réaliser un programme de logements sur les terrains ainsi libérés.
Jean Tilloy
nordparisbusiness.com, le 23/11/2004
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