Crédibilité du SDRIF ?
Extrait du bulletin "Liaison n°91" de l'Association Régionale "Ile de France Environnement"
Approfondissons le SDRIF et rendons-le applicable
Le SDRIF officialisé par décret en 1994 n'était pas sans valeur.
Son point faible était l'absence de tout système de suivi et d'évaluation de sa mise en application permettant de détecter et corriger les dérives.
Le SDRIF actuellement en cours d'élaboration, quelque 15 ans après le précédent, est confronté à des évolutions qui étaient en germe à l'époque, mais ont maintenant surgi au premier plan:
Il n'est pas facile pour les rédacteurs du SDRIF de concilier dans. un même document ces objectifs jusqu'ici peu compatibles. D'autant: plus que, à la différence de l'Etat, maître d'oeuvre du SDRIF de 1994, qui le lui rappelle sans cesse, la Région ne peut rien imposer aux autres collectivités territoriales que sont les départements, les structures intercommunales et les communes.
D'où le premier projet de SDRIF que présente le Conseil régional, en prétendant le faire voter à la mi-février 2007. Or il comporte de nombreuses faiblesses qui le rendent insuffisamment
crédible en l'état:
Plutôt que de voter à la hâte ce projet de SDRIF, ne vaudrait-il pas mieux prendre un peu de temps pour dissiper ses obscurités et lui donner ainsi de la crédibilité?
Daniel Hannotiaux
Président d'ile-de-France Environnement
Approfondissons le SDRIF et rendons-le applicable
Le SDRIF officialisé par décret en 1994 n'était pas sans valeur.
Son point faible était l'absence de tout système de suivi et d'évaluation de sa mise en application permettant de détecter et corriger les dérives.
Le SDRIF actuellement en cours d'élaboration, quelque 15 ans après le précédent, est confronté à des évolutions qui étaient en germe à l'époque, mais ont maintenant surgi au premier plan:
· L'économie mondialisée : pour y faire face, l'Etat semble avoir renoncé à la politique de développement équilibré du territoire national, et tout miser sur l'ambition de positionner Paris et sa région dans la compétition des quelques grandes métropoles de niveau mondial, européennes, américaines et asiatiques.
· La crise énergétique et le changement climatique: ils imposent de réduire de façon drastique la consommation des énergies fossiles et l'émission des gaz à effet de serre. Ceci peut donner du corps à l'ambition du Conseil régional de créer l'éco-région Ile-de-France.
Il n'est pas facile pour les rédacteurs du SDRIF de concilier dans. un même document ces objectifs jusqu'ici peu compatibles. D'autant: plus que, à la différence de l'Etat, maître d'oeuvre du SDRIF de 1994, qui le lui rappelle sans cesse, la Région ne peut rien imposer aux autres collectivités territoriales que sont les départements, les structures intercommunales et les communes.
D'où le premier projet de SDRIF que présente le Conseil régional, en prétendant le faire voter à la mi-février 2007. Or il comporte de nombreuses faiblesses qui le rendent insuffisamment
crédible en l'état:
· Il affiche, sans ébauche de solution, des désaccords entre l'Etat et la Région (projets autoroutiers, opérations d'intérêt national) ;
· Il présente un programme très ambitieux de développement des transports collectifs conditionnant la politique de densification des tissus urbains. Mais les possibilités de le financer apparaissent bien douteuses compte tenu de l'expérience du contrat de plan 2000-2007 et du désengagement actuel de l'Etat;
· Un flou important persiste sur l'opposabilité et la prescriptivité du document, et sur la possibilité pour la Région d'acquérir les outils juridiques et administratifs lui permettant de traiter efficacement avec les collectivités territoriales.
Plutôt que de voter à la hâte ce projet de SDRIF, ne vaudrait-il pas mieux prendre un peu de temps pour dissiper ses obscurités et lui donner ainsi de la crédibilité?
Daniel Hannotiaux
Président d'ile-de-France Environnement
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